Les chasseurs luttent contre la Bête du Gévaudan

Chronodoc

Alain Bonnet

« Je sais que je ne sais rien. » Ces paroles de Socrate résument parfaitement l’impression ressentie après des années de recherches sur la Bête du Gévaudan, matérialisées par le présent ouvrage.


Pourquoi en suis-je venu à m’intéresser à la Bête ? Je ne saurais vraiment le dire. Oh, je peux retrouver quelques éléments qui expliquent comment: un dossier dans la revue « Okapi » lorsque j’étais enfant; ma grosse déception au sortir du « Pacte des Loups, » qui m’a poussé à chercher ce qui avait vraiment pu se passer; la demande d’une amie américaine qui m’a demandé de lui raconter une « légende » française.

Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui en définitive peut pousser quiconque à investir temps et énergie dans un fait divers, finalement peu remarquable au vu des nombreux cas de « bêtes » de l’histoire de France, dont certains ont duré plus longtemps ou comptent plus de victimes?


Bien sûr, il y a le mystère. Plusieurs centaines de personnes attaquées, des dizaines de morts, sans que l’on ait jamais réussi à savoir ni pourquoi ni comment. L’inconnu provoque le désir d’enquête, le besoin de dégager une explication rationnelle. Le mystère est un défi, et l’homme aime à se mesurer au défi.


L’inconnu fait peur. La Bête est d’autant plus terrifiante qu’elle demeure mystérieuse. Tenter de l’identifier, de la définir, de mettre un nom sur sa menace, c’est la réduire à un phénomène mesurable, contrôlable. Sans doute subsiste-t-il en moi un enfant terrifié; c’est lui qui presse le pas dans les rues le soir quand dans la pénombre les bruits se font menaçants et que je sais, contre toute raison, qu’autour de moi rôdent des monstres. En traquant la Bête, j’inverse les rôles; en l’identifiant, je la dompte.


Il y a le devoir de mémoire. Nous ne pouvons plus grand-chose pour les malheureuses victimes, tuées, dévorées, marquées dans leur chair et dans leur âme, sinon ne pas les oublier. Quels qu’aient été les responsables des attaques, ils nous ont échappé. Les carcasses même des animaux identifiés comme « la Bête » ont disparu, nous laissant sans réponses, sans certitudes, sans preuves. Il ne pourra y avoir ni jugement, ni réparation. Mais nous pouvons nous souvenir, nous pouvons tâcher de comprendre ce que les contemporains n’ont pu comprendre, et leur rendre ainsi le peu de justice qu’il est en notre pouvoir de dispenser.


Il y a, bien sûr, le fait que de toutes les Bêtes, celle du Gévaudan, largement médiatisée au moment même des faits, est la plus célèbre. Sacrée reine parmi les assassins, son noir prestige l’emporte sur celui d’autres monstres plus meurtriers. C’est également celle sur laquelle nous possédons le plus de documents, celle dont la piste, pourtant vieille de 240 ans, reste la moins malaisée à suivre.


Le spectre de la Bête, enfin, hante toujours le Gévaudan. Les lieux de ses crimes sont encore visibles. Par- tout ses représentations guettent le voyageur, en embuscade sur son passage. Les familles portent toujours les mêmes noms; les descendants, dont on peut rencontrer certains, ont transmis le souvenir, quand d’autres Bêtes ont été oubliées.

…/…


Je vous conseille fortement de lire l’intégralité de ce « rapport » qui est très instructif.


Il est composé de trois documents.


Le « rapport »

Les attaques

Un index

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