Les chasseurs luttent contre la Bête du Gévaudan

Jacques Delperrie de Bayac

Du sang dans la montagne

1764. Louis XV est roi de France.


L'été de cette année-là, des petits bergers et une femmes, sont attaqués dans les environs de Langogne par une bête féroce que l'on croit d'abord être un loup, ce qui, à l'époque n'a rien d'extraordinaire : les loups abondent dans toutes les régions de France.
Au début juillet 1764, une petite bergère est tuée et dévorée. Des battues sont organisées aux environs de Langogne, dans la forêt de Mercoire, etc. Bientôt l'animal féroce, pourchassé, quitte les parages de Langogne, s'en va vers l'ouest. A partir de là (automne 1764), les ravages ne cessent de s'étendre : chaque mois ou presque, plusieurs personnes (enfants, adolescents, femmes et vieilles femmes) sont égorgées et dévorées en Gévaudan et dans le sud de l'Auvergne.


Des dragons sont lancé à la poursuite de l'animal féroce, des chasseurs réputés viennent de toutes la France traquer "la Bête". Ces chasses vont durer trois ans. Louis XV, pour triompher de la Bête, envoie en Gévaudan son premier porte-arquebuse", M. Antoine de Beauterne, avec l'élite des gardes du royaume et les meilleurs chiens des équipages du roi. M. de Beauterne réussit en effet, en septembre 1765, à tuer un loup énorme, et les carnages cessent trois mois.


Puis ils reprennent... Finalement, en juin 1767, au cours d'une battue sur la Sogne d'Auvers, sur les pentes du nord du mont St Mouchet, un chasseur-braconnier, Jean Chastel, tue un autre grand loup. A partir de là, les attaques contre les humains cessent. Au total, environ 100 personnes ont été tuées... (en trois ans). Bien des hypothèses ont été formulées, depuis lors, sur ce que fut la Bête du Gévaudan : un gros chien ? une hyène ? un lycaon ? un sadique assassin ? le marquis de Sade en personne ?
L'auteur réfute toutes ces hypothèses et, par l'examen approfondi des faits et des témoignages, aboutit à la conclusion que la Bête du Gévaudan était en réalité trois grands loups, qui furent tués successivement.
Pour cette démonstration, l'auteur s'appuie, naturellement, sur les documents qui sont parvenus jusqu'à nous, sur l'avis des zoologistes, et aussi sur son expérience personnelle : depuis des années, naturaliste amateur, il étudie les loups et il en élève même.


Pratiquement, pour examiner par le menu toute l'affaire, l'auteur invite ses lecteurs à revivre avec lui l'histoire de la Bête du Gévaudan. Ce livre est donc un voyage dans le temps. Le style de l'ouvrage est très vivant, très alerte. Il constitue une évocation très documentée de la vie très rude et frustre des paysans du Gévaudan, et d'Auvergne un quart de siècle avant le révolution.

L'auteur :

Jacques Delperrie de Bayac est un journaliste, écrivain, historien et romancier français. Il fut journaliste à Candide et Paris-Presse. Ses recherches historiques, en particulier son ouvrage de référence, Histoire de la Milice, 1918-1945 (1969), ont servi lors de l'instruction du procès du milicien Paul Touvier. Il a participé, en 1997, à l'écriture du film documentaire de long métrage d'Alain Ferrari, Milice, film noir, tiré de son livre.


Date de sortie : 1970

Année de parution de l’édition : 1970

Éditeur : Fayard



Jacques Delperrie - Du sang dans la montagne

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